Irritation oculaire – OCDE 492
Description
La ligne directrice OCDE 492 décrit une méthode d’essai in vitro réalisée sur un épithélium cornéen humain reconstitué (RhCE, pour Reconstructed human Cornea-like Epithelium). Elle permet de déterminer si une substance ou un mélange peut être écarté de toute classification pour l’irritation oculaire ou les lésions oculaires graves, sans recourir à l’expérimentation animale.
Le principe repose sur un modèle tridimensionnel de cellules épithéliales cornéennes humaines, cultivé à l’interface air-liquide jusqu’à former un tissu stratifié qui reproduit fidèlement la barrière cornéenne. Le produit à tester est appliqué à la surface du tissu, puis la viabilité cellulaire est mesurée par test MTT. Une viabilité élevée après exposition signifie que le produit n’a pas altéré le tissu cornéen de façon significative.
Adoptée en 2015, la ligne directrice 492 a fait l’objet de plusieurs révisions, la plus récente datant de juin 2025. Elle constitue aujourd’hui la méthode in vitro de référence en première intention pour l’évaluation du risque oculaire.
Ce que la 492 permet — et ne permet pas de conclure
C’est le point le plus souvent mal compris, et il conditionne toute votre stratégie d’essais.
L’OCDE 492 est une méthode d’exclusion, utilisée dans une approche dite bottom-up. Elle répond à une seule question, par oui ou par non : ce produit peut-il être classé « sans classification » ?
- Viabilité supérieure au seuil du modèle → le produit est identifié comme ne nécessitant pas de classification (No Category au sens du SGH). La conclusion est définitive, aucun autre essai n’est requis pour cet effet.
- Viabilité inférieure ou égale au seuil → le produit ne peut pas être écarté de la classification. Attention : cela ne signifie pas qu’il est classé irritant. La ligne directrice 492 ne distingue pas la catégorie 2 (irritation oculaire) de la catégorie 1 (lésions oculaires graves). Un essai complémentaire est alors nécessaire.
Autrement dit : un résultat négatif clôt le dossier, un résultat positif l’ouvre. C’est précisément cette limite que lève la ligne directrice OCDE 492B, qui discrimine les trois catégories en un seul essai.
Déroulement de l’essai
| Paramètre | Produits liquides | Produits solides |
|---|---|---|
| Quantité appliquée (modèle EpiOcular™) | 50 µL par tissu | 50 mg par tissu |
| Durée d’exposition | 30 minutes | 6 heures |
| Étapes suivantes | Rinçage, immersion post-traitement, incubation post-exposition, puis mesure de la viabilité par test MTT | |
| Réplicats | Au minimum deux tissus par condition, plus contrôles négatif et positif | |
| Résultat | Viabilité relative exprimée en % du contrôle négatif | |
Les paramètres exacts — durées d’immersion et d’incubation post-exposition, seuil de viabilité — dépendent du modèle RhCE retenu. Chaque modèle validé dispose de son propre protocole et de son propre seuil décisionnel, définis dans la ligne directrice. Nos laboratoires partenaires vous orientent vers le modèle le plus adapté à la nature de votre produit.
Modèles RhCE validés
Plusieurs modèles d’épithélium cornéen reconstitué sont couverts par la ligne directrice 492, dont les plus utilisés en Europe :
- EpiOcular™ EIT (MatTek) — le modèle historique, le plus largement documenté ;
- SkinEthic™ HCE EIT (Episkin) — modèle d’origine européenne, très employé en cosmétique.
D’autres modèles ont été ajoutés au fil des révisions successives. Le choix du modèle n’est pas neutre : il détermine le seuil de viabilité applicable, la durée d’exposition et la compatibilité avec certaines matrices. Nous vérifions ce point avec vous avant le lancement de l’étude.
Quels produits et quels secteurs sont concernés ?
L’essai OCDE 492 s’applique aux substances comme aux mélanges, sous forme liquide, solide, semi-solide ou cireuse. Il est demandé, selon les cas :
- Cosmétiques et ingrédients cosmétiques — dans le cadre du règlement (CE) n° 1223/2009, qui interdit l’expérimentation animale : la voie in vitro est la seule possible ;
- Substances chimiques — au titre de l’enregistrement REACH et de la classification CLP ;
- Détergents et produits d’entretien — règlement (CE) n° 648/2004 et étiquetage de danger ;
- Biocides — dossiers d’autorisation au titre du règlement BPR ;
- Produits phytopharmaceutiques, matières premières industrielles, dispositifs et matériaux en contact potentiel avec l’œil.
Cadre réglementaire et classification CLP
Le résultat de l’essai alimente directement la classification au titre du règlement CLP, transposition européenne du SGH :
- Pas de classification — le produit ne relève d’aucune mention de danger oculaire ;
- Eye Irrit. 2 (H319, « Provoque une sévère irritation des yeux ») ;
- Eye Dam. 1 (H318, « Provoque des lésions oculaires graves »).
L’OCDE 492 permet de conclure au premier cas uniquement. Pour trancher entre les deux autres, il faut soit enchaîner sur une méthode complémentaire (OCDE 437 BCOP, OCDE 438 ICE), soit retenir d’emblée l’OCDE 492B.
OCDE 492 ou OCDE 492B : laquelle choisir ?
| OCDE 492 | OCDE 492B | |
|---|---|---|
| Question à laquelle elle répond | Le produit peut-il être écarté de toute classification ? | Dans quelle catégorie de danger oculaire le produit se situe-t-il ? |
| Conclusions possibles | Sans classification, ou indéterminé | Cat. 1, Cat. 2, ou sans classification |
| Essai complémentaire | Nécessaire si le résultat est positif | Non, méthode autonome |
| Cas d’usage typique | Produit attendu comme non irritant, à confirmer rapidement | Produit au comportement inconnu, ou besoin d’une classification directe |
Notre conseil : si vous avez de bonnes raisons de penser que votre produit est non irritant, la 492 est la voie la plus rapide et la plus économique. Dans le doute, la 492B évite un second essai et fait gagner plusieurs semaines. Nous détaillons ce choix dans notre article OCDE 492 ou 492B : quelle méthode choisir ?
Pourquoi réaliser cet essai avec YesWeLab ?
- Un réseau de laboratoires spécialisés en toxicologie in vitro, sélectionnés sur leur expérience réelle des modèles RhCE et leurs accréditations ;
- Le bon modèle du premier coup — nous vérifions la compatibilité de votre matrice avec le modèle envisagé avant de lancer l’étude, ce qui évite les essais non conclusifs ;
- Une demande de devis centralisée : un seul interlocuteur, même lorsque votre dossier combine plusieurs lignes directrices ;
- Un rapport d’étude directement exploitable dans vos dossiers REACH, CLP, cosmétique ou biocide.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre l’OCDE 492 et l’OCDE 492B ?
Les deux méthodes utilisent un épithélium cornéen humain reconstitué, mais ne répondent pas à la même question. L’OCDE 492 permet uniquement d’identifier les produits ne nécessitant pas de classification. L’OCDE 492B, grâce à une approche à plusieurs temps d’exposition, distingue en un seul essai les catégories 1, 2 et l’absence de classification.
L’OCDE 492 est-elle acceptée pour un dossier cosmétique ?
Oui. Le règlement (CE) n° 1223/2009 interdisant l’expérimentation animale, les méthodes in vitro comme l’OCDE 492 sont la voie normale d’évaluation du risque oculaire pour les ingrédients et produits finis cosmétiques.
Un résultat positif signifie-t-il que mon produit est irritant ?
Non. Une viabilité inférieure au seuil signifie seulement que le produit ne peut pas être écarté de la classification. Il peut relever de la catégorie 2 comme de la catégorie 1 — ou, dans certains cas, ne pas être irritant du tout. Un essai complémentaire est nécessaire pour trancher.
Combien de temps prend l’essai ?
La phase expérimentale se compte en jours. Le délai global, de la réception des échantillons à la remise du rapport, dépend de la disponibilité des tissus et du plan d’essai. Nous vous communiquons un délai ferme avec le devis.
Quelle quantité de produit dois-je fournir ?
Quelques grammes ou millilitres suffisent dans la grande majorité des cas. La quantité exacte dépend du nombre de réplicats et de la nécessité éventuelle d’essais préliminaires ; elle est précisée dans le devis.
Mon produit est coloré et réduit spontanément le MTT. Est-ce un problème ?
C’est une interférence connue de la méthode. Elle se gère par des contrôles supplémentaires prévus par la ligne directrice, à condition d’être anticipée. Signalez-nous toute coloration marquée ou tout pouvoir réducteur dès la demande de devis.
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Décrivez votre produit et votre objectif réglementaire : nous identifions le laboratoire et le modèle adaptés, et vous revenons avec une proposition chiffrée.
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